Sérénité est une exposition née d’une expérience intime de perte et de renaissance. Après la disparition de son compagnon, avec qui elle a partagé plus de trente années de vie et de création, Anne Jaeckin traverse une période de profonde rupture. Le retour à l’atelier devient alors un geste vital, un espace de reconstruction, à la fois personnelle et artistique. De ce cheminement intérieur naît une série de sculptures où le corps n’est plus seulement une forme, mais une énergie en mouvement.
Les figures féminines semblent suspendues dans une danse silencieuse : elles tournent, s’élèvent, implorent, traversées par un souffle invisible. Le mouvement, central, devient le langage même de la sérénité, non comme un état immobile, mais comme une force intérieure retrouvée.
Construites par strates, armature de fer, noyau de polystyrène, grillage, filasse et ciment, les sculptures conservent la mémoire du geste et du temps. Les pigments naturels, appliqués de manière instinctive, rendent chaque œuvre unique ; les stries visibles donnent à la surface une peau vibrante, presque vivante, tandis que certaines zones, soulignées de feuilles d’or, apparaissent comme des points de lumière et de réparation.
Deux formes de sérénité traversent ainsi l’exposition : l’une spirituelle, proche de la prière ; l’autre intérieure, liée à l’énergie et à l’alignement avec soi-même. Les visages, calmes et profondément habités, ne cherchent pas à séduire mais à transmettre une présence silencieuse.
Cette exposition, marque l’aboutissement d’un chemin où la transformation devient possible et où, même dans la perte, peut naître un mouvement vers la paix.
